Évangile de la fête de l’épiphanie, dimanche 4 janvier 2026
Homélie du frère Benoît Ente, Mt 2,1-12
Est-ce que parmi vous, il y en a qui ont vu notre vidéo Joyeux Noël ? Savez-vous combien de langues il y a en tout ? … 17. Cette vidéo a remporté un petit succès. Plus que ce qu’on attendait. Lorsqu’on regarde cette vidéo, on perçoit en une minute l’universalité de l’Évangile. Chaque visage semble heureux de fêter la naissance de Jésus. Jésus n’est pas une excellente nouvelle uniquement pour les Européens, il est une merveilleuse nouvelle aussi pour les Congolais, les Sénégalais, les Vietnamiens, les Wallisiens et les mages qui viennent de l’orient.
Et les mages sont guidés par… l’étoile. Cette étoile que nous mettons au sommet des sapins. Les mages ne connaissent pas la Bible. Ils sont païens. Ils ne connaissent pas les prophètes qui annoncent la venue du messie. Et bien, cela n’empêche pas Dieu de les conduire à Jésus. Les mages sont des sortes de savants de l’époque et ils passent leur temps à scruter, observer et essayer de comprendre comment fonctionne le Ciel. Ce sont des chercheurs de sens. Dieu va utiliser leur langage, leur soif, leur connaissance pour les amener jusqu’à Jésus. Il utilise une étoile. Cette petite étoile qui guide les mages représente ce que Dieu a semé dans chaque culture, dans chaque histoire personnelle pour préparer la rencontre avec Jésus et nous conduire vers lui. Dieu parle à chacun d’une manière unique en fonction de sa culture, de son histoire, de ses centres d’intérêt, de ses manières de penser.
Hier nous étions réunis avec l’APA. Cédric, l’un des coloc nous a raconté comment, lors de la prière d’un chapelet, Dieu l’avait aidé à prendre une décision. Cette manière avait étonné tout le monde, mais c’était la manière avec laquelle Dieu guidait Cédric. Ces moyens par lesquels Dieu nous guide peuvent évoluer. Regardez les mages, ils sont amenés vers Jésus par une étoile et ils sont guidés sur le chemin du retour par un songe. Les moyens dont Dieu dispose sont infinis : une rencontre, une lecture, un événement, une intuition, plus rarement une vision.
Mais dans cette diversité, il y a aussi des constantes, des éléments qui touchent toutes les cultures. Je m’adresse maintenant aux cinéphiles. Est-ce qu’il y en a qui ont vu le film de Pasolini L’Évangile selon Saint-Matthieu ? Est-ce que vous vous souvenez de la scène des rois mages ? Ils arrivent sur une hauteur avec leurs chevaux. Ils baissent les yeux et voient en contrebas Marie, Joseph et l’Enfant Jésus. Ils descendent alors lentement le chemin pour arriver jusqu’à la petite famille. Ce mouvement dans l’espace représente un mouvement intérieur d’abaissement pour arriver jusqu’à Jésus. Quand un adulte se baisse pour se mettre à hauteur d’un enfant, il se met à égalité pour entrer en relation avec l’enfant et témoigne de son amour pour lui. C’est exactement ce que Dieu fait lorsqu’il se fait homme au milieu des hommes.
Toutes les cultures peuvent comprendre l’acte d’amour qu’il y a dans ce geste d’abaissement de Dieu. Ce geste d’amour, Jésus lui-même va le refaire lors de sa Passion. Sur la croix, il s’abaisse au rang des damnés. Il est livré entre les mains des hommes comme un petit enfant sans défense. L’évangéliste Jean utilise l’image de l’agneau pour exprimer cela.
Quand les mages se prosternent devant l’Enfant Jésus, ils sont comme des prophètes qui reconnaissent déjà la toute-puissance royale de Jésus qui va aimer les siens jusqu’au bout, jusqu’à la Croix. Les mages lui offrent leurs présents venus de leurs pays. Et aujourd’hui, les mages, c’est vous, c’est moi. Vous vous êtes déplacés jusqu’ici pour offrir à Dieu la diversité des cultures et des langues dont vous êtes originaires. Nous portons avec nous cette richesse et nous l’offrons à Dieu par l’encens de nos prières et l’or de notre foi, notre bien le plus précieux.
En échange, le Seigneur nous offre également un cadeau, ce qu’il a lui-même de plus précieux, il nous offre son Fils unique. Dans le film de Pasolini, Marie se lève et tend son enfant à l’un des mages qui le prend dans ses bras. Elle offre son enfant au monde. Elle refait le geste de Dieu lui-même, qui nous offre son Fils unique pour faire de nous tous ses enfants bien aimés. Amen.
