Homélie du samedi 20 décembre 2025 – frère Etienne D’Ardailhon – Lc 1,26-38
Mardi dernier, j’ai fait lectio sur l’évangile de jeudi avec les élèves de Notre-Dame de Sion. Beaucoup d’athées, de musulmans et de chrétiens, tous mélangés. Si vous aviez vu leurs yeux. Lorsque j’ai lu le songe de l’ange à Joseph. C’est si proche de l’annonce faite à Marie dans ce texte. Dieu envoie son ange Gabriel dire aux futurs parents qui ils concevront. Cet enfant qui s’en vient n’est pas n’importe qui. Il est annoncé, attendu, désiré, choyé, aimé, bercé, éduqué, grondé, consolé. Chacun de nous, nous sommes un peu cet enfant. Chacun de nous, nous sommes un peu ces parents. Nous attendons dans la joie ce petit être qui va naitre à Noel.
O si vous aviez vu leurs yeux, lorsque je leur ai dis que chacun d’eux était désiré par ses parents. Conçu par eux ; voulu par Dieu. Créé comme un tout parfait. Choisi pour être, grandir et vivre. Aimer, à l’image de Dieu, et être aimés. À son image, faits pour créer. Infiniment beaux. Dans leur corps, leurs âmes et leurs cœurs. Faits pour les rires et la douceur. Faits pour aimer.
Si vous aviez vu leurs yeux. Lorsque j’ai parlé de tous ces noms. Joseph, « Il ajoutera encore » de la Maison de David « le bien-aimé » ; Jacob « suivre / supplanter », Juda « louange » ; Elisabeth
« Dieu est/donne abondance ». Marie : à la fois la rebelle et la bien-aimée ; Gabriel : « Dieu est ma force » ; Jésus : Le Seigneur sauve ; Emmanuel : Dieu avec nous ;
Si vous aviez vu mes yeux, lorsque j’ai compris combien ces enfants de parents séparés avaient soif d’être aimés. Qu’on leur dise leur identité. De connaitre la signification de leurs prénoms. De savoir d’où ils sont, pour deviner qui ils seront. De comprendre leur identité. De se savoir aimés. Si vous aviez vu mes yeux, pleins d’eau, de les découvrir nus et beaux. Devant le mystère de leur origine, fragile et ténu, tout plein de désirs contenus. Être appelés, désirés, entendus.
Si vous aviez vu nos yeux. Lorsque nous avons compris. Que nous sommes tous destinés à accomplir la prophétie de nos vies. À accomplir la prophétie d’Isaïe. 700 ans avant son heureux avènement, Isaïe qui prophétise que Marie concevra l’Emmanuel. Dieu avec nous. Dieu au milieu de nous. Dien en nous.
Si vous aviez vu nos yeux. Nous sommes tous destinés à accomplir la prophétie de nos vies. À devenir ce que nos prénoms signifient. Ce que Dieu a déjà semé en nous, ce à quoi nous sommes appelés. Comme Marie, nous devons lui dire Oui. Passer nos vies à comprendre ce que ce oui signifie. Le méditer, le rechoisir, le polir, pour enfin l’habiter et s’en contenter. Se façonner un cocon et s’y lover. Être en paix avec nous-même, s’enraciner, s’étirer, fleurir, et porter du fruit en abondance, prier, et porter notre espérance. Dieu envoie son messager du haut du ciel. Un cri retentit, un appel. « Viens et suis-moi ». Dis-moi oui, comme Marie. Ose. Attends. Prie. Que vienne cet enfant, Dieu avec nous, Emmanuel.
